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PRISME travaille à la réalisation de deux bases de données bibliographiques : La première, Sciences et Action Sociales, constitue la base mutualisée du réseau. La deuxième, Thesis, est dédiée à la sélection et à l'indexation de thèses en travail social. Elle est le fruit d'un partenariat avec le CNAM-CDFT.

Réponses 1 à 10 sur un total de 567

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Précarité et habillement des étudiants recourant à des distributions alimentaires en région parisienne : une approche par l’image

Article de Sébastien Grobon

Paru dans la revue Revue française des affaires sociales, n° 2, avril-juin 2025, pp. 285-307.

Mots clés : Lien social-Précarité, Étudiant, Précarité, Vêtement, Aide alimentaire, Photographie, Sociologie, Image, Enquête, Classe sociale

La précarité des jeunes étudiants est un sujet d’actualité qui a particulièrement ressurgi pendant la période du Covid-19 (Belghith et al., 2020 ; Belghith et al., 2021 ; Bugeja et al., 2024). L’épidémie révèle en effet les limites d’un modèle de soutien aux études reposant largement sur le travail des étudiants et l’aide financière parentale, tous deux étant particulièrement sensibles à la conjoncture économique. Les difficultés des jeunes liées à la crise sanitaire se sont manifestées de plusieurs manières, dont l’une des plus notables a été le recours accru des étudiants à des distributions alimentaires, un moyen de subsister habituellement associé à des catégories de la population parmi les plus en détresse (Accardo et al., 2022a et 2022b).

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L’espace social des précarités doctorales. Le cas des doctorant·es de l’Université Grenoble Alpes

Article de Pierre Bataille, Margot Déage, Manon Baheu, et al.

Paru dans la revue Revue française des affaires sociales, n° 2, avril-juin 2025, pp. 137-173.

Mots clés : Lien social-Précarité, Enseignement supérieur, Étudiant, Vulnérabilité, Précarité, Conditions de vie, Revenu, Logement, Santé, Stress, Étranger, Niveau de vie

Cet article examine la précarité doctorale en s’appuyant sur le cas des doctorant·es de l’Université Grenoble Alpes (UGA). Il met en évidence le caractère multidimensionnel de cette précarité, qui ne se limite pas aux difficultés économiques, mais englobe également des aspects matériels, relationnels, professionnels et sanitaires. Il se propose ainsi de déplier les expériences de la précarité doctorale. L’étude repose sur une enquête menée en 2023-2024 auprès de 3 001 doctorant·es de l’UGA, avec un taux de réponse de 32 %. Après redressement des données, cinq formes spécifiques de précarité ont été identifiées. La précarité économique se manifeste par des revenus insuffisants, des restrictions budgétaires et une perception négative de la situation financière. La précarité résidentielle concerne l’accès au logement et ses conditions, une part importante des doctorant·es faisant face à des logements insalubres ou mal équipés. La précarité sanitaire, quant à elle, se traduit par une forte dégradation de la santé mentale et des renoncements aux soins. Sur le plan relationnel, l’isolement social et les difficultés de conciliation entre vie professionnelle et personnelle sont des enjeux majeurs. Enfin, la précarité professionnelle est liée aux conditions de travail, aux ressources disponibles et à l’encadrement. L’analyse factorielle multiple utilisée dans l’étude met en évidence trois grandes dimensions structurant la précarité doctorale : économique et matérielle, professionnelle, ainsi que relationnelle et sanitaire. Quatre profils de doctorants se distinguent en fonction de leur niveau d’exposition aux différentes formes de précarité. L’étude souligne également les disparités sociales face à ces formes de précarité : les doctorant·es en situation de migration internationale et ceux et celles issu·es de milieux sociaux défavorisés sont particulièrement vulnérables sur le plan relationnel et économique ; les doctorant·es en sciences humaines et sociales apparaissent pour leur part davantage exposé·es aux difficultés professionnelles, économiques et sanitaires. D’un point de vue plus général, les analyses établissent le constat d’un niveau de santé plus faible chez les doctorant·es que dans l’ensemble de la population étudiante ainsi que des niveaux particulièrement élevés d’exposition aux risques de précarité matérielle et économique chez les doctorant·es étranger·ères.

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L’hétérogénéité des situations de précarités étudiantes. Étude de cas d’une université francilienne à partir du travail de la mission " Précarité et santé étudiante "

Article de Fanny Bugeja Bloch, Céline Clément, Sabine Fortino, et al.

Paru dans la revue Revue française des affaires sociales, n° 2, avril-juin 2025, pp. 113-135.

Mots clés : Lien social-Précarité, Classe sociale, Étranger, Étudiant, Niveau de vie, Précarité, Santé, Université, Travail, Santé mentale, Bourse d'études, Isolement, Émancipation, Statistiques

À partir d’une méthode mixte (enquête par questionnaires puis par entretiens) auprès d’étudiant·es d’une université de première couronne francilienne, dans le cadre d’une mission de lutte contre la précarité, cet article propose une approche typologique des précarités étudiantes. Ces dernières ne se résument pas à la figure, centrale, d’une forte précarité multidimensionnelle, où les étranger·ères sont surreprésenté·es comme les personnes d’origine sociale populaire. En effet, les étudiant·es dont l’émancipation semble bloquée, celleux dont la trajectoire correspond à des décalages socioscolaires, ou celleux qui manquent de soutien à la suite de la décohabitation du logement parental incarnent d’autres facettes des précarités. L’articulation des méthodes et les décalages entre les matériaux quantitatif et qualitatif offrent des pistes d’analyse en mettant en évidence des porosités entre ces figures, soulignant ainsi les dimensions temporelle, subjective et contextuelle des situations de précarité étudiante.

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Les statuts d’emploi pendant les études : un miroir inversé des précarités économiques et studieuses

Article de Élise Verley, Élise Tenret, Marie Trespeuch

Paru dans la revue Revue française des affaires sociales, n° 2, avril-juin 2025, pp. 57-77.

Mots clés : Lien social-Précarité, Enseignement supérieur, Autonomie, Étudiant, Précarité, Emploi, Conditions de vie, Contrat de travail, Échec scolaire, Stress, Statut

Cet article repose sur l’exploitation de l’enquête « Conditions de vie » de l’Observatoire national de la vie étudiante de 2020 et sur des entretiens semi-directifs avec des étudiant·es. Il montre que la prise en compte du statut d’emploi, souvent laissé de côté dans les enquêtes sur le monde étudiant, est pourtant importante pour repérer des situations de précarité. Si le contrat stable (CDI) et le salariat sont traditionnellement associés à une certaine stabilité dans le monde professionnel, ce n’est pas nécessairement le cas dans le monde étudiant : dans l’enseignement supérieur français, caractérisé par des emplois du temps peu flexibles, les contrats salariés sont privilégiés par une population plus dépendante aux revenus des activités rémunérées mais peuvent s’avérer pénalisants, car ils offrent moins de flexibilité et des horaires souvent plus contraignants. L’article isole donc un effet propre des statuts d’emploi sur deux types de précarité : la précarité économique et la précarité studieuse, et montre des usages différenciés des statuts selon le niveau de dépendance économique des éudiant·es.

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Le développement des compétences émotionnelles : repenser l’éducation des enfants avec les neurosciences sociales

Article de Erica Estevan

Paru dans la revue Les Cahiers de l'Actif, n° 586-587, mars-avril 2025, pp. 23-36.

Mots clés : Enfance-Famille, Neurosciences, Enfant, Adolescent, Émotion, Apprentissage social, Psychologie du développement, Approche historique, Vulnérabilité, Violence, Maltraitance

Depuis une quinzaine d’années, les neurosciences, avec notamment Antonio Damasio, considèrent les émotions et, par conséquent, l’intelligence émotionnelle, comme nécessaires à la vie psychique et plus particulièrement à la prise de décisions. Elles constituent l’une des dimensions essentielles de ce que nous appelons les compétences psychosociales. En d’autres termes, pour les neurosciences sociales, « un cerveau émotionnel » s’est ajouté à notre « cerveau cognitif ». Notre cerveau est donc neurosocial. En effet, nos réseaux de neurones se structurent en fonction du type de relations que nous entretenons. De leur côté, nos neurones en fuseau, considérés comme « la voix basse de l’intelligence », captent des informations subtiles chez l’autre. Ils traitent les informations sociales, sont impliqués dans la reconnaissance de nos propres états émotionnels, nous permettent de formuler des jugements intuitifs et nous aident à ajuster nos comportements en fonction du contexte social. Pour le dire autrement, nous sommes tous des êtres émotionnels, même ceux qui se vivent comme hyper rationnels, et l’appréhension de nos émotions, leur régulation, relèvent d’un apprentissage, notamment pour les enfants et adolescents.

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Entraînement des habiletés sociales : mieux adapter pour mieux accompagner

Article de Fanny Ayanouglou, Mathilde Das Merces

Paru dans la revue Les Cahiers de l'Actif, n° 586-587, mars-avril 2025, pp. 71-86.

Mots clés : Accompagnement de la personne et identité, Accompagnement, Interaction, Méthodologie, Enseignement, Autisme, Hyperactivité, Souffrance psychique

De nombreuses désignations sont aujourd’hui employées pour nommer l’ensemble des savoir-faire et savoir-être de la personne dans son environnement social. Compétences sociales, habiletés sociales, compétences psychosociales, compétences socio-émotionnelles… Nous retiendrons dans cet article le terme « habiletés sociales ». Les habiletés sociales constituent le fondement de nos interactions quotidiennes et de notre intégration au monde. La maîtrise de ces dernières constituerait un facteur significativement plus puissant que le quotient intellectuel au sens d’épanouissement tant personnel que professionnel.
Mais comment peut-on aider ceux qui rencontrent des difficultés ou des anomalies dans le développement de ces compétences ?

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Estimer la valeur de son travail : sentiment de mépris et quête de respectabilité des conducteurs routiers pendant le confinement

Article de Margot Roisin Jonquières

Paru dans la revue Revue française de sociologie, n° 65-4, octobre-décembre 2024, pp. 529-562.

Mots clés : Travail-Emploi, Reconnaissance, Respect, Dignité, Classe sociale, Inégalité, Précarité, Ouvrier, Représentation sociale, Hiérarchie, Valeur sociale, Qualification professionnelle, Conditions de travail, Covid-19

Cet article porte sur les rapports au travail et à l’inégale valeur sociale des métiers des conducteurs routiers pendant la pandémie de Covid-19. Menés au cours du premier confinement en France, les entretiens montrent d’abord que ceux qui ont continué de travailler ont été confrontés à une dégradation très forte de leurs conditions de travail, constitutive d’une mise à l’épreuve de leurs dispositions professionnelles. Leur opposition avec les chauffeurs à l’arrêt permet, ensuite, d’observer la réactualisation d’une morale du travail et la recomposition des divisions statutaires et sociales au sein du groupe. L’analyse distingue, enfin, les différentes dimensions du sentiment d’être méprisé, notamment par les personnes confinées, et met en lumière deux registres de défense de la valeur du métier. Ces derniers consistent, d’une part, à réaffirmer l’utilité sociale et économique de leur propre travail, d’autre part à étendre cette demande de reconnaissance à d’autres catégories subalternes.

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Validation du Matthey Generic Mood Questionnaire (MGMQ) pour dépister les difficultés émotionnelles chez les femmes en post-partum : une validation pour les femmes arabophones

Article de Stephen Matthey, Nahla Hariri, Husna Razee, et al.

Paru dans la revue Devenir, vol. 36, n° 4, 2024, pp. 250-269.

Mots clés : Santé mentale-Souffrance psychique, Femme, Dépression post-partum, Émotion, Dépistage, Moyen orient

Le Matthey Generic Mood Questionnaire (MGMQ) est une mesure de dépistage de la santé émotionnelle validée chez des femmes et des hommes anglophones et italophones en période périnatale. Cette étude a exploré sa pertinence pour les femmes arabophones. Il a été traduit, approuvé sur le plan culturel et administré à 354 femmes arabophones en post-partum en Arabie saoudite, en même temps que d’autres mesures de l’humeur. Deux semaines plus tard, 185 de ces femmes ont participé à un entretien téléphonique, en arabe, avec la responsable arabe du projet. Elles ont à nouveau répondu aux mesures d’autoévaluation, ainsi qu’à un entretien de diagnostic des troubles dépressifs et anxieux. Le MGMQ a montré une sensibilité (66,7-73,3 %) et une spécificité (81,3-84,5 %) satisfaisantes par rapport au diagnostic de dépression majeure ou d’anxiété, ainsi qu’une fiabilité satisfaisante et une validité concomitante par rapport à d’autres échelles d’évaluation de l’humeur et de l’expérience. Toutes les femmes ont répondu à la question « Raison de la détresse » du MGMQ. Le MGMQ est donc un outil de dépistage de l’humeur adapté aux femmes arabophones, qui fournissent également des informations utiles aux cliniciens.

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Entrée, plat, dessert ou coordination, co-construction, autodétermination : quels menus en ESSMS ?

Article de Lucie Aimonetti, Mélanie Balbion, Anais Doumenc, et al.

Paru dans la revue Les Cahiers de l'Actif, n° 580-581, septembre-octobre 2024, pp. 147-172.

Mots clés : Travail social : Métiers, Autodétermination, Établissement social et médicosocial, Accompagnement, Coordonnateur, SESSAD, IME, Justice, Territoire, Travail d'équipe, Direction, Management

« La notion de “parcours” appréhendée comme l’un des nouveaux paradigmes de l’action sociale et médico-sociale constitue l’une des pierres angulaires du “virage inclusif” opéré ces dernières années. Ce dernier se traduit progressivement par une refonte en profondeur de la nature même des dispositifs et des pratiques d’interventions. Ils doivent désormais faire œuvre de “plasticité” et de porosité accrue avec la “Cité” afin de répondre au plus près des besoins et des aspirations personnelles de chacun. Dans ce contexte marqué par la complexité de la demande sociale et de l’atomisation de l’offre de services, l’un des enjeux majeurs pour les multiples professionnels appelés à interagir autour de la personne dans une “logique de services” est de savoir mobiliser et assembler les ressources disponibles sur le territoire d’intervention afin de lui garantir un accompagnement global sans rupture, “pensé en termes de parcours de vie et non pas comme la somme des accompagnements spécifiques” délivrés par chaque opérateur. »

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Le genre à l’épreuve de l’oral

Article de Alice Pavie, Mathieu Rossignol Brunet, Marco Oberti, et al.

Paru dans la revue Revue française de sociologie, n° 65-3, juillet-septembre 2024, pp. 297-332.

Mots clés : Accompagnement de la personne et identité, Sélection, Enseignement supérieur, Expression orale, Genre, Fille, Discrimination sexuelle, Niveau scolaire, Jury, Notation

Les épreuves orales non anonymisées exposent-elles à des biais sexistes dans l’évaluation des candidat·es ? À travers l’exemple de l’oral d’admission à Sciences Po Paris, nous explorons plusieurs hypothèses pour expliquer la moindre réussite constante des filles à cette épreuve, qui contraste avec leur meilleure réussite aux écrits d’admissibilité. D’une part, nous montrons que les garçons obtiennent une meilleure note lorsqu’ils sont les seuls de leur sexe au sein du pool de candidat·es évalué par un même jury, ou évalués par un jury exclusivement masculin. D’autre part, nous montrons qu’il existe une discrimination directe – une note différente pour une évaluation équivalente – mais qui n’explique que très marginalement les écarts de notation. Ceux-ci relèvent alors principalement des compétences valorisées dans le cadre de l’épreuve (aisance orale, confiance en soi, capacité de présentation), inégalement distribuées selon le genre.

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