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PRISME travaille à la réalisation de deux bases de données bibliographiques : La première, Sciences et Action Sociales, constitue la base mutualisée du réseau. La deuxième, Thesis, est dédiée à la sélection et à l'indexation de thèses en travail social. Elle est le fruit d'un partenariat avec le CNAM-CDFT.

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Inégalités, travail et expertise : le social à l’épreuve de la crise Covid-19

Article de Patrick Peretti Watel, Nathalie Bajos, Michel Dubois

Paru dans la revue Revue française de sociologie, n° 65-4, octobre-décembre 2024, pp. 459-471.

Mots clés : Courants de pensée en sciences humaines, Confinement, Épidémie, Science, Crise, Santé, Inégalité, Emploi, Formation, Recherche médicale, Information, Covid-19

Urgence sanitaire internationale, la pandémie de Covid-19 a été l’occasion pour les sciences sociales d’investir de multiples terrains. Les sociologues ont mis en évidence l’importance des conditions de vie sur la diffusion du virus, la manière dont la crise sanitaire a conduit certains salariés à réévaluer leur rapport au travail, ou encore l’affaiblissement des frontières entre information et désinformation, savoirs profanes et savoirs experts, et plus globalement science et non-science. Cette crise ne fut pas seulement sanitaire, mais aussi sociale, redessinant les contours du travail, de l’information et des savoirs en temps d’incertitude.

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Estimer la valeur de son travail : sentiment de mépris et quête de respectabilité des conducteurs routiers pendant le confinement

Article de Margot Roisin Jonquières

Paru dans la revue Revue française de sociologie, n° 65-4, octobre-décembre 2024, pp. 529-562.

Mots clés : Travail-Emploi, Reconnaissance, Respect, Dignité, Classe sociale, Inégalité, Précarité, Ouvrier, Représentation sociale, Hiérarchie, Valeur sociale, Qualification professionnelle, Conditions de travail, Covid-19

Cet article porte sur les rapports au travail et à l’inégale valeur sociale des métiers des conducteurs routiers pendant la pandémie de Covid-19. Menés au cours du premier confinement en France, les entretiens montrent d’abord que ceux qui ont continué de travailler ont été confrontés à une dégradation très forte de leurs conditions de travail, constitutive d’une mise à l’épreuve de leurs dispositions professionnelles. Leur opposition avec les chauffeurs à l’arrêt permet, ensuite, d’observer la réactualisation d’une morale du travail et la recomposition des divisions statutaires et sociales au sein du groupe. L’analyse distingue, enfin, les différentes dimensions du sentiment d’être méprisé, notamment par les personnes confinées, et met en lumière deux registres de défense de la valeur du métier. Ces derniers consistent, d’une part, à réaffirmer l’utilité sociale et économique de leur propre travail, d’autre part à étendre cette demande de reconnaissance à d’autres catégories subalternes.

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Une pause inespérée : réévaluation des bénéfices de l’activité et pratiques protestataires des vendeuses « non essentielles » à l’aune des confinements

Article de Anaïs Lehmann

Paru dans la revue Revue française de sociologie, n° 65-4, octobre-décembre 2024, pp. 563-588.

Mots clés : Travail-Emploi, Classe sociale, Conditions de travail, Commerce, Genre, Ethnographie, Emploi, Épidémie, Syndicalisme, Confinement, Représentation sociale, Covid-19

Comment les personnes en emploi dans un secteur « non essentiel » ont-elles vécu l’arrêt forcé puis les retours imposés au travail dans le cadre de l’épidémie de Covid-19 ? À partir d’une enquête ethnographique commencée avant la survenue de la pandémie et poursuivie au gré des confinements dans une boutique de prêt-à-porter et de lingerie, l’article s’intéresse aux effets de la crise sanitaire sur les rapports au travail et à l’emploi de jeunes femmes occupant des positions subalternes. La parenthèse enchantée de l’inactivité rémunérée les place face à la somme de contraintes qui jalonne leur trajectoire sociale, ce qui se traduit au travail par des pratiques protestataires vis-à-vis des clientes comme de l’entreprise jusqu’à un début de mobilisation syndicale inattendu. Dans l’espace domestique, cette longue pause permet une réévaluation des bénéfices de l’activité qui interroge plus largement ce que signifie être active dans les sociétés contemporaines.

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Travailler malgré le droit pandémique : professionnel·les et organisations du secteur social et médico-social dans la crise

Article de Émilie Biland, Cyrine Gardes, Jérôme Pélisse

Paru dans la revue Revue française de sociologie, n° 65-4, octobre-décembre 2024, pp. 501-528.

Mots clés : Travail-Emploi, Organisation professionnelle, Droit, Lien social, Relation travailleur social-usager, Équipe soignante, Épidémie, Conditions de travail, Reconnaissance, Salaire, Relation d'aide, Travail social, Covid-19

Dans quelle mesure la production légale inédite suscitée par l’épidémie de Covid-19 a-t-elle affecté l’activité professionnelle ? Dans le secteur social et médico-social, dont les activités visent à faire lien, ce droit, fondé sur la norme de distanciation, a bousculé les routines organisationnelles et professionnelles. S’appuyant sur une enquête qualitative réalisée auprès de quarante-cinq salarié·es et bénévoles travaillant dans vingt structures publiques et associatives, cet article montre que le droit pandémique a intensifié le travail et qu’il a pris une place centrale dans les interactions avec les publics, pour les protéger, voire pour les discipliner. Il a aussi été un motif de mobilisation pour faire davantage reconnaitre, à la fois socialement et monétairement, des activités apparues comme indispensables durant la crise. L’article souligne ainsi la centralité du droit dans les expériences professionnelles de la pandémie et dans la prise en charge des vulnérabilités.

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La santé publique sans la pharmacie ? La stratégie " Tester, tracer, isoler " dans la gestion francilienne de la pandémie de Covid-19

Article de Alexis Rayapoullé, Claire Beaudevin, Jean Paul Gaudillière

Paru dans la revue Revue française de sociologie, n° 65-4, octobre-décembre 2024, pp. 473-499.

Mots clés : Santé-Santé publique, Politique sanitaire, Épidémie, Assurance maladie, Confinement, Dépistage, Stratégie, Prise en charge, Test, Isolement, Covid-19

Cet article porte sur les interventions « non pharmaceutiques » dans les réponses françaises à la pandémie de Covid-19 et sur la manière dont elles ont été influencées par la structuration historique de la santé publique du pays. Il étudie le cas de la stratégie « Tester, tracer, isoler » (TTI), en tant que dispositif sociotechnique combinant tests de dépistage, suivi des contacts et isolement à domicile des personnes. Il retrace la manière dont des initiatives locales de « santé communautaire » ont vu le jour à la sortie du premier confinement (mars-mai 2020) et comment leur coordination progressive a conduit à la mise en place d’un dispositif national, créé en dehors des institutions de santé publique, et prenant appui sur l’Assurance maladie. Il analyse ensuite comment la disjonction entre le registre technique et le registre social de ce dispositif a pu précipiter le recours à un deuxième confinement (octobre 2020).

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Le genre à l’épreuve de l’oral

Article de Alice Pavie, Mathieu Rossignol Brunet, Marco Oberti, et al.

Paru dans la revue Revue française de sociologie, n° 65-3, juillet-septembre 2024, pp. 297-332.

Mots clés : Accompagnement de la personne et identité, Sélection, Enseignement supérieur, Expression orale, Genre, Fille, Discrimination sexuelle, Niveau scolaire, Jury, Notation

Les épreuves orales non anonymisées exposent-elles à des biais sexistes dans l’évaluation des candidat·es ? À travers l’exemple de l’oral d’admission à Sciences Po Paris, nous explorons plusieurs hypothèses pour expliquer la moindre réussite constante des filles à cette épreuve, qui contraste avec leur meilleure réussite aux écrits d’admissibilité. D’une part, nous montrons que les garçons obtiennent une meilleure note lorsqu’ils sont les seuls de leur sexe au sein du pool de candidat·es évalué par un même jury, ou évalués par un jury exclusivement masculin. D’autre part, nous montrons qu’il existe une discrimination directe – une note différente pour une évaluation équivalente – mais qui n’explique que très marginalement les écarts de notation. Ceux-ci relèvent alors principalement des compétences valorisées dans le cadre de l’épreuve (aisance orale, confiance en soi, capacité de présentation), inégalement distribuées selon le genre.

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La dualisation de l’emploi enseignant en France

Article de Xavier Dumay

Paru dans la revue Revue française de sociologie, n° 65-3, juillet-septembre 2024, pp. 401-428.

Mots clés : Ecole-Enseignement, Statut professionnel, Enseignant, État, Inégalité, Éducation, Contrat de travail, Territoire

Dans cet article, nous proposons une approche sociologique de l’évolution du régime d’emploi des enseignants en France. Nous analysons l’évolution du recours à la forme contractuelle dans l’Éducation nationale au cours des années 2008-2020, et sa distribution dans les établissements, les territoires et les disciplines. Nous développons la thèse que la dualisation croissante du régime d’emploi des enseignants répond à une dynamique nouvelle de banalisation de la place des enseignants contractuels dans le système scolaire qui se traduit par un recours accru au contrat d’emploi au collège et au lycée général et technologique, dans certaines matières au cœur même du curriculum de l’enseignement secondaire, et dans les établissements favorisés socialement. Ce statut nouveau des enseignants contractuels dans le système scolaire ne manque pas d’interroger l’évolution du régime d’emploi enseignant, mais également ses liens avec la ségrégation des élèves, et in fine les inégalités éducatives.

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Migrant·es privilégié·es et agent·es de l’État : devenir magistrat·e outre-mer au croisement du personnel et du professionnel

Article de Stéphanie Guyon, Marine Haddad

Paru dans la revue Revue française de sociologie, n° 65-3, juillet-septembre 2024, pp. 373-400.

Mots clés : Immigration-Interculturalité, Magistrature, DOM-TOM, Parcours professionnel, Mobilité géographique, Migration, Genre

Cet article analyse les départs Outre-mer des magistrat·es français·es à partir de trois sources : premièrement, les données de carrière tirées de l’annuaire de la magistrature situent les profils des magistrat·es ayant une expérience Outre-mer dans l’ensemble des magistrat·es ; deuxièmement, un corpus d’entretiens et, troisièmement, les réponses à un questionnaire éclairent la diversité de ces expériences et des motivations – tant professionnelles que personnelles – qui leurs sont associées. Il étudie les processus individuels et institutionnels qui mènent à ces affectations, en se focalisant sur la décision de partir, plutôt que sur l’expérience Outre-mer. Si les départs sont principalement pensés sur un mode individuel, souvent dans le registre de l’accomplissement de soi, leurs motivations et logiques de sélection reproduisent des relations hiérarchiques à une échelle macrosociale. Cet article met ainsi en lumière des processus de hiérarchisation entre « métropole » et « Outre-mer », mais aussi entre les territoires d’Outre-mer.

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Le rôle de l’origine migratoire et du genre dans la construction des trajectoires scolaires des petits-enfants d’immigré·es en France

Article de Paul Siarry, Mathieu Ichou, Ariane Pailhé

Paru dans la revue Revue française de sociologie, n° 65-3, juillet-septembre 2024, pp. 333-372.

Mots clés : Immigration-Interculturalité, Inégalité, Origine, Personne issue de l'immigration, Grands-parents, Génération, Scolarité, Enfant de migrant, Socialisation, Genre, Niveau scolaire, Enquête

Selon les théories de l’intégration, la convergence des propriétés sociales des populations issues de l’immigration avec celles de la population majoritaire s’opère sur plus de deux générations. Cet article analyse si une telle égalisation s’opère en termes de trajectoires scolaires. Grâce à l’enquête « Trajectoires et Origines 2 » (Ined-Insee, 2019-2020) qui permet une identification directe de la « troisième génération », il compare le niveau d’éducation atteint et les filières de l’enseignement supérieur des petits-enfants et des enfants d’immigré·es et de la population majoritaire. Les analyses montrent que les écarts entre la troisième génération prise dans son ensemble et la population majoritaire sont faibles : une convergence des trajectoires scolaires semble s’opérer au fil des générations. Les petits-enfants d’immigré·es européen·nes et les petites-filles d’immigré·es nord-africain·es connaissent une égalisation scolaire. Cependant, les petits-fils d’immigré·es maghrébin·nes semblent rencontrer quelques désavantages durables, signes d’une segmentation ethnoraciale et genrée.

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Les mixed methods : une littérature méthodologique en débat

Article de Ingrid Tucci, Aurélie Peyrin, Marie Plessz

Paru dans la revue Revue française de sociologie, n° 1-2, vol. 65, janvier-juin 2024, pp. 7-34.

Mots clés : Courants de pensée en sciences humaines, Recherche, Sociologie, Science, Épistémologie, Méthode quantitative, Échantillon, Analyse de la pratique, Approche historique, Typologie, Concept, Méthode qualitative

Bien que la combinaison des données et des méthodes quantitatives et qualitatives soit largement pratiquée par les sociologues français, elle a rarement fait l’objet de publications méthodologiques dédiées. En revanche, la littérature anglophone a vu émerger un champ spécifique, celui des « Mixed Methods Research », structuré autour de discussions et propositions méthodologiques. Cette introduction explore dans un premier temps la genèse et la structuration du champ MMR anglophone, en mettant en lumière les principales propositions de formalisation ainsi que les différentes façons d’articuler données quantitatives et qualitatives à chaque étape de la recherche. Elle aborde également les critiques récentes portant sur la standardisation des protocoles et la notion même d’intégration des données. Elle présente dans un second temps l’ensemble des contributions qui composent ce numéro thématique, illustrant non seulement la créativité des combinaisons quanti-quali en France mais aussi la richesse des discussions réflexives sur les manières de faire et les effets de ces articulations entre données et matériaux différents sur les connaissances produites.

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