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PRISME travaille à la réalisation de deux bases de données bibliographiques : La première, Sciences et Action Sociales, constitue la base mutualisée du réseau. La deuxième, Thesis, est dédiée à la sélection et à l'indexation de thèses en travail social. Elle est le fruit d'un partenariat avec le CNAM-CDFT.

Réponses 1 à 10 sur un total de 1316

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Le continuum des oppositions à l’avortement

Article de Raphaël Perrin, Marie Mathieu, Mireille Le Guen

Paru dans la revue Revue française de sociologie, n° 66-1, janvier-mars 2025, pp. 7-27.

Mots clés : Enfance-Famille, Législation, Mouvement social, IVG, Décision, Genre, Sociologie, Recherche en sciences sociales, Droit, Militantisme, Accès aux soins, Grossesse

Cinquante ans après le vote de la loi Veil, les oppositions à l’avortement n’ont pas disparu : elles se sont recomposées. Du rejet frontal du droit à des réticences plus ciblées, elles prennent des formes diversifiées selon les acteur·rices qui les portent – militant·es anti-avortement, parlementaires, médecins, proches des femmes souhaitant avorter – et selon les scènes où elles s’expriment. Ce numéro met en lumière les obstacles persistants à l’autonomie procréative des femmes, depuis son cadre légal – des débats parlementaires français à l’action collective des mouvements conservateurs au Sénégal – jusqu’à sa mise en pratique, via l’analyse des réticences du corps médical et des représentations stigmatisantes qui façonnent l’expérience abortive des femmes. En dépassant l’opposition binaire pro-choix versus anti-avortement, il révèle comment, derrière un soutien croissant au droit à l’avortement, subsistent des résistances qui freinent la banalisation de l’avortement, fragilisent le droit et limitent son effectivité.

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« Maintenant j’ai pas honte » : le travail émotionnel comme résistance à (l’auto)stigmatisation de l’avortement

Article de Laurine Thizy

Paru dans la revue Revue française de sociologie, n° 66-1, janvier-mars 2025, pp. 121-151.

Mots clés : Santé mentale-Souffrance psychique, IVG, Contraception, Grossesse, Stigmatisation, Émotion, Embryon, Fœtus, Culpabilité, Témoignage, Image de soi, Échec, Religion

Cet article aborde le lien entre les oppositions à l’avortement, envisagées comme des formes de stigmatisation, et les jugements négatifs exprimés par les avortées sur elles-mêmes, qui relèvent de l’autostigmatisation. Il met en évidence la stigmatisation à laquelle sont exposées celles qui avortent, questionne les liens entre expérience de la stigmatisation et autostigmatisation et propose, dans la perspective de la sociologie des émotions de Arlie Hochschild, d’étudier une forme particulière – et genrée – de stratégie de contournement du stigmate : le travail émotionnel. Celui-ci se caractérise par les efforts faits pour agir sur ses propres sentiments et mettre en cohérence le choix d’avorter avec une expérience émotionnelle primaire souvent désagréable, en raison de la stigmatisation intériorisée et/ou expérimentée. Cette capacité varie selon les ressources sociales dont disposent les avortées et se recompose tout au long de leur trajectoire procréative.

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La fabrique du sale boulot : pourquoi les médecins n’aiment pas pratiquer les avortements

Article de Raphaël Perrin

Paru dans la revue Revue française de sociologie, n° 66-1, janvier-mars 2025, pp. 91-118.

Mots clés : Santé-Santé publique, IVG, Médecin, Gynécologie, Pouvoir, Identité professionnelle, Rejet, Acte médical, Sociologie, Éthique, Conscience, Fœtus, Morale, Mort, Corps, Traumatisme

Depuis le vote de la loi Veil, en 1975, l’avortement n’est plus seulement une question politique ou morale, un recours possible en cas de grossesse non désirée. Il est aussi un travail médical. Cet article analyse les enjeux professionnels que soulève la pratique de l’IVG et éclaire la permanence et la recomposition des réticences médicales. Celles-ci ne prennent plus la forme d’une opposition de principe à l’avortement, position aujourd’hui marginale et marginalisée au sein de la profession, mais de l’expression d’un dégoût assez largement partagé parmi les professionnel·les de la gynécologie. L’étude de l’indisposition des médecins et de ses variations permet d’éclairer l’évolution des normes et des socialisations professionnelles, mais également des luttes qui traversent l’espace de la gynécologie. Elle amène à considérer l’expression du dégoût comme une pratique de pouvoir professionnel, et à saisir le « sale boulot » à l’aune de sa production symbolique : les professionnel·les de la gynécologie participent à valoriser le travail d’avortement ou à l’inverse à salir le boulot selon la position occupée dans l’espace professionnel et les rapports de pouvoir qui le traversent.

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Controverse autour de la légalisation de l’avortement au Sénégal : comment s’opposer au Protocole « africain » de Maputo ?

Article de Marième N’Diaye

Paru dans la revue Revue française de sociologie, n° 66-1, janvier-mars 2025, pp. 63-89.

Mots clés : Enfance-Famille, Religion, IVG, Santé publique, Législation, Mortalité, Interdit, Viol, Inceste, Morale, Tradition, Clandestinité, Illégalité, Prison, Réforme, Interruption médicale de grossesse, Sénégal

Au Sénégal, l’interdiction de l’avortement en fait l’une des principales causes de mortalité des femmes et de leur incarcération. L’État a pourtant ratifié le protocole additionnel à la charte des droits de l’Homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique (Protocole de Maputo), qui autorise l’avortement notamment dans les cas d’inceste et de viol. Le gouvernement a donc initié une réflexion sur une possible libéralisation de la loi, en insistant sur l’enjeu de santé publique. Bien qu’il réunisse une coalition d’acteur·rices aux intérêts pluriels voire divergents, le mouvement d’opposition à l’avortement se structure autour d’un discours fédérateur qui croise influences étrangères et spécificités africaines. En jouant de leur multipositionnalité, les acteur·rices du contre-mouvement alternent entre action radicale, menace de recours à la violence et discours de responsabilité pour s’imposer dans le débat public et empêcher toute réforme.

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« Le plus tôt possible » : la norme juridique du délai légal de recours à l’interruption volontaire de grossesse en débat au Parlement français

Article de Mireille Le Guen

Paru dans la revue Revue française de sociologie, n° 66-1, janvier-mars 2025, pp. 29-61.

Mots clés : Enfance-Famille, Législation, IVG, Procédure, Fœtus, Éthique, Politique, Reconnaissance, Droits des femmes, Approche historique, Loi, Autonomie, Procréation, Expertise, Grossesse, Contraception, Accès aux soins

Fixé à 10 semaines de grossesse en 1975, le délai légal de recours à l’IVG en France a été porté à 12 semaines en 2001 puis à 14 en 2022, sans que cet allongement puisse s’expliquer par une évolution des techniques d’avortement. À travers l’analyse des débats parlementaires, cet article vise à comprendre comment la norme juridique du délai légal de recours à l’IVG trace les limites de l’autonomie procréative des femmes. L’analyse révèle une reconnaissance progressive d’un « droit à l’avortement » par les parlementaires français·es, ces dernièr·es mobilisant l’expertise professionnelle des médecins et l’expertise profane des femmes comme sources de légitimation de leur position. Elle met également en évidence une évolution des arguments qu’elles et ils développent, bien que ceux-ci s’inscrivent au sein de trois mêmes registres argumentatifs : éthique, médical et pragmatique.

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Inégalités, travail et expertise : le social à l’épreuve de la crise Covid-19

Article de Patrick Peretti Watel, Nathalie Bajos, Michel Dubois

Paru dans la revue Revue française de sociologie, n° 65-4, octobre-décembre 2024, pp. 459-471.

Mots clés : Courants de pensée en sciences humaines, Confinement, Épidémie, Science, Crise, Santé, Inégalité, Emploi, Formation, Recherche médicale, Information, Covid-19

Urgence sanitaire internationale, la pandémie de Covid-19 a été l’occasion pour les sciences sociales d’investir de multiples terrains. Les sociologues ont mis en évidence l’importance des conditions de vie sur la diffusion du virus, la manière dont la crise sanitaire a conduit certains salariés à réévaluer leur rapport au travail, ou encore l’affaiblissement des frontières entre information et désinformation, savoirs profanes et savoirs experts, et plus globalement science et non-science. Cette crise ne fut pas seulement sanitaire, mais aussi sociale, redessinant les contours du travail, de l’information et des savoirs en temps d’incertitude.

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Estimer la valeur de son travail : sentiment de mépris et quête de respectabilité des conducteurs routiers pendant le confinement

Article de Margot Roisin Jonquières

Paru dans la revue Revue française de sociologie, n° 65-4, octobre-décembre 2024, pp. 529-562.

Mots clés : Travail-Emploi, Reconnaissance, Respect, Dignité, Classe sociale, Inégalité, Précarité, Ouvrier, Représentation sociale, Hiérarchie, Valeur sociale, Qualification professionnelle, Conditions de travail, Covid-19

Cet article porte sur les rapports au travail et à l’inégale valeur sociale des métiers des conducteurs routiers pendant la pandémie de Covid-19. Menés au cours du premier confinement en France, les entretiens montrent d’abord que ceux qui ont continué de travailler ont été confrontés à une dégradation très forte de leurs conditions de travail, constitutive d’une mise à l’épreuve de leurs dispositions professionnelles. Leur opposition avec les chauffeurs à l’arrêt permet, ensuite, d’observer la réactualisation d’une morale du travail et la recomposition des divisions statutaires et sociales au sein du groupe. L’analyse distingue, enfin, les différentes dimensions du sentiment d’être méprisé, notamment par les personnes confinées, et met en lumière deux registres de défense de la valeur du métier. Ces derniers consistent, d’une part, à réaffirmer l’utilité sociale et économique de leur propre travail, d’autre part à étendre cette demande de reconnaissance à d’autres catégories subalternes.

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Une pause inespérée : réévaluation des bénéfices de l’activité et pratiques protestataires des vendeuses « non essentielles » à l’aune des confinements

Article de Anaïs Lehmann

Paru dans la revue Revue française de sociologie, n° 65-4, octobre-décembre 2024, pp. 563-588.

Mots clés : Travail-Emploi, Classe sociale, Conditions de travail, Commerce, Genre, Ethnographie, Emploi, Épidémie, Syndicalisme, Confinement, Représentation sociale, Covid-19

Comment les personnes en emploi dans un secteur « non essentiel » ont-elles vécu l’arrêt forcé puis les retours imposés au travail dans le cadre de l’épidémie de Covid-19 ? À partir d’une enquête ethnographique commencée avant la survenue de la pandémie et poursuivie au gré des confinements dans une boutique de prêt-à-porter et de lingerie, l’article s’intéresse aux effets de la crise sanitaire sur les rapports au travail et à l’emploi de jeunes femmes occupant des positions subalternes. La parenthèse enchantée de l’inactivité rémunérée les place face à la somme de contraintes qui jalonne leur trajectoire sociale, ce qui se traduit au travail par des pratiques protestataires vis-à-vis des clientes comme de l’entreprise jusqu’à un début de mobilisation syndicale inattendu. Dans l’espace domestique, cette longue pause permet une réévaluation des bénéfices de l’activité qui interroge plus largement ce que signifie être active dans les sociétés contemporaines.

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Travailler malgré le droit pandémique : professionnel·les et organisations du secteur social et médico-social dans la crise

Article de Émilie Biland, Cyrine Gardes, Jérôme Pélisse

Paru dans la revue Revue française de sociologie, n° 65-4, octobre-décembre 2024, pp. 501-528.

Mots clés : Travail-Emploi, Organisation professionnelle, Droit, Lien social, Relation travailleur social-usager, Équipe soignante, Épidémie, Conditions de travail, Reconnaissance, Salaire, Relation d'aide, Travail social, Covid-19

Dans quelle mesure la production légale inédite suscitée par l’épidémie de Covid-19 a-t-elle affecté l’activité professionnelle ? Dans le secteur social et médico-social, dont les activités visent à faire lien, ce droit, fondé sur la norme de distanciation, a bousculé les routines organisationnelles et professionnelles. S’appuyant sur une enquête qualitative réalisée auprès de quarante-cinq salarié·es et bénévoles travaillant dans vingt structures publiques et associatives, cet article montre que le droit pandémique a intensifié le travail et qu’il a pris une place centrale dans les interactions avec les publics, pour les protéger, voire pour les discipliner. Il a aussi été un motif de mobilisation pour faire davantage reconnaitre, à la fois socialement et monétairement, des activités apparues comme indispensables durant la crise. L’article souligne ainsi la centralité du droit dans les expériences professionnelles de la pandémie et dans la prise en charge des vulnérabilités.

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La santé publique sans la pharmacie ? La stratégie " Tester, tracer, isoler " dans la gestion francilienne de la pandémie de Covid-19

Article de Alexis Rayapoullé, Claire Beaudevin, Jean Paul Gaudillière

Paru dans la revue Revue française de sociologie, n° 65-4, octobre-décembre 2024, pp. 473-499.

Mots clés : Santé-Santé publique, Politique sanitaire, Épidémie, Assurance maladie, Confinement, Dépistage, Stratégie, Prise en charge, Test, Isolement, Covid-19

Cet article porte sur les interventions « non pharmaceutiques » dans les réponses françaises à la pandémie de Covid-19 et sur la manière dont elles ont été influencées par la structuration historique de la santé publique du pays. Il étudie le cas de la stratégie « Tester, tracer, isoler » (TTI), en tant que dispositif sociotechnique combinant tests de dépistage, suivi des contacts et isolement à domicile des personnes. Il retrace la manière dont des initiatives locales de « santé communautaire » ont vu le jour à la sortie du premier confinement (mars-mai 2020) et comment leur coordination progressive a conduit à la mise en place d’un dispositif national, créé en dehors des institutions de santé publique, et prenant appui sur l’Assurance maladie. Il analyse ensuite comment la disjonction entre le registre technique et le registre social de ce dispositif a pu précipiter le recours à un deuxième confinement (octobre 2020).

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