PRISME travaille à la réalisation de deux bases de données bibliographiques : La première, Sciences et Action Sociales, constitue la base mutualisée du réseau. La deuxième, Thesis, est dédiée à la sélection et à l'indexation de thèses en travail social. Elle est le fruit d'un partenariat avec le CNAM-CDFT.
Psychiatre en milieu carcéral depuis dix-sept ans, Caroline de Charette a lancé à Nantes l'équipe mobile transactionnelle (Emot) pour accompagner les détenus souffrant de troubles psychiques à leur sortie de prison. Portrait d'une praticienne engagée.
Depuis la politique de « tolérance zéro » instaurée par Sarkozy au début des années 2000, les contrôles d’identité, souvent discriminatoires, posent la question de la confiance de la population dans la police, déjà minée par l’expérience de la ségrégation socio-spatiale.
Le sociologue Stéphane Beaud s’attache à comprendre les transformations des classes populaires françaises. Ses travaux éclairent les dynamiques sociales qui traversent les quartiers populaires, qu’il s’agisse du rapport au travail, à l’école, ou les formes de socialisation politique de leurs habitants. Mieux connaître ces quartiers devrait, selon lui, être une priorité de l’action publique.
Paru dans la revue Actualités sociales hebdomadaires ASH, n° 3332, novembre 2025, p. 25.
Mots clés : Justice-Délinquance, PJJ, Protection de l'enfance, Criminalité, Emploi, Lesueur (Thomas)
Le nouveau directeur de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) détaille la manière dont il compte mettre en œuvre la feuille de route du ministre de la Justice, Gerald Darmanin.
A rebours d'une apparente neutralité, la magistrate autrice de "Démasculiniser la justice" montre comment l'institution judiciaire est marquée par une approche "androcentrée de l'impartialité" qui contribue à perpétuer les inégalités de genre.
Paru dans la revue Actualités sociales hebdomadaires ASH, n° 3330-3331, octobre 2025, p. 60.
Mots clés : Justice-Délinquance, Délinquance juvénile, Milieu rural, Approche historique, Jeune
Les villes et leurs banlieues n'ont pas le monopole de la "délinquance juvénile". Les campagnes aussi connaissent ce phénomène, et ce n'est pas nouveau. Illustration avec l'histoire d'un jeune fils de cultivateur, arrêté pour vol en 1958 et placé dans un centre d'observation.
Paru dans la revue Direction(s), n° 245, octobre 2025, pp. 12-15.
Mots clés : Travail-Emploi, Handicap-Situations de handicap, Justice-Délinquance, ESAT, Prison, Travailleur handicapé, Détenu, Administration pénitentiaire, Insertion professionnelle, Insertion sociale, Compétence, Sortant de prison, Psychiatrie, Atelier, Alsace, Ensisheim
L'Atelier de l'Ill est l'un des deux seuls Esat pénitentiaires de France. Son équipe accompagne une quinzaine détenus par le travail et les habiletés sociales. L'ambition de ce dispositif ? Favoriser l'insertion dans et en dehors du milieu carcéral des prisonniers en situation de handicap.
Paru dans la revue Sociétés et jeunesses en difficulté, n° 32, printemps 2025, 27 p..
Mots clés : Justice-Délinquance, Jeunesse-Adolescence, Délinquance juvénile, Jeune, Nuit, Détention, Enfermement, Émotion, Enquête, Ethnographie, Anxiété, Étude de cas, Autonomie, Temps
Cet article explore la nuit carcérale dans un « quartier mineurs » de maison d’arrêt, un espace-temps méconnu et souvent délaissé par les recherches en sociologie carcérale. À partir d’une enquête ethnographique immersive de six mois, combinant observations participatives, entretiens semi-directifs et la mise en place d’un outil innovant (carnets de nuit), il analyse les dynamiques nocturnes vécues par une dizaine de mineurs incarcérés. La nuit carcérale apparaît comme une période ambivalente. D’un côté, elle amplifie l’isolement et les angoisses des jeunes, en favorisant une introspection douloureuse sur leur condition et leur parcours de vie. De l’autre, elle constitue un espace d’échanges et de transgressions, où les détenus mineurs redéfinissent leur quotidien carcéral par des rituels, des interactions codifiées et une organisation propre. Ces pratiques nocturnes révèlent un paradoxe : la fermeture des cellules, en réduisant la présence des surveillants, ouvre un espace d’autonomie pour les mineurs, leur permettant de s’approprier cet espace-temps hors du contrôle institutionnel direct. L’étude met en lumière les tensions que cette autonomie nocturne engendre pour les professionnels de jour, dont les ambitions éducatives sont fragilisées par une réorganisation carcérale qui accentue la séparation entre temporalités diurnes et nocturnes. En interrogeant la nuit comme espace essentiel de l’expérience pénitentiaire juvénile, cet article souligne les enjeux éducatifs et sociaux liés à cette dimension souvent ignorée de l’enfermement.
Érigée en priorité depuis le XIXe siècle, l’éducation des mineur·es détenu·es a longtemps peiné à trouver sa place dans les prisons françaises. Si la place de l’Éducation nationale en détention relève aujourd’hui du consensus, la scolarisation des mineur·es pose au moins deux défis : la plupart d’entre elles et eux ont des trajectoires marquées par d’importantes vulnérabilités sociales et économiques, mais aussi par des ruptures scolaires ; leurs conditions d’incarcération n’apparaissent propices ni aux apprentissages scolaires, ni même à l’organisation de temps éducatifs collectifs hors de la cellule. Dans ce contexte spécifique de la prison, où logiques carcérales et scolaires peuvent entrer en tension, cet article s’intéresse aux perceptions des mineur·es vis-à-vis de la scolarisation en détention. Contraint·es de sortir de cellule pour se rendre en classe, les mineur·es détenu·es contestent globalement peu cette obligation scolaire et trouvent même des motifs de satisfaction à ces heures de cours. L’intérêt que leur portent les mineur·es tient d’abord au contexte carcéral et à leur expérience de la détention, la classe leur permettant de sortir symboliquement de la prison. Cet intérêt tient ensuite au cadre pédagogique adapté de la scolarité en prison, dans lequel les mineur·es trouvent davantage leur place que dans l’école ordinaire. La grande majorité des mineur·es interrogé·es déclare avoir des pratiques scolaires conformes aux attentes de leurs enseignant·es. Toutefois, les jeunes évoquent également des inquiétudes dans leurs récits. Ils et elles craignent pour leur future rescolarisation (pour les élèves scolarisé·es avant leur incarcération) ou regrettent la faible professionnalisation des enseignements (pour les élèves décrocheur·es). Cet article s’appuie sur une enquête menée en 2023 dans quatre prisons pour mineur·es, au cours de laquelle ont été réalisés des entretiens auprès des mineur·es détenu·es et des professionnel·les exerçant en prison (enseignant·es, surveillant·es mais aussi éducateurs et éducatrices).