PRISME travaille à la réalisation de deux bases de données bibliographiques : La première, Sciences et Action Sociales, constitue la base mutualisée du réseau. La deuxième, Thesis, est dédiée à la sélection et à l'indexation de thèses en travail social. Elle est le fruit d'un partenariat avec le CNAM-CDFT.
Paru dans la revue Dialogue, n° 250, décembre 2025, pp. 17-34.
Mots clés : Enfance-Famille, Approche historique, Histoire familiale, Judaïsme, Migration, Mort, Séparation, Enfant, Exil, Communauté, Crime, Camp de concentration, Peur, Identité, Clandestinité, Conflit de loyauté, Souffrance psychique, Racisme, Israël
En se basant sur des ouvrages historiques et des recherches cliniques, cet article montre la façon dont les migrations des communautés juives ont affecté le destin des familles, pour lesquelles la séparation s’est souvent imposée comme seule issue de survivance. Une attention est portée à deux types de séparation dans des contextes historiques spécifiques. D’une part, durant la Shoah, celle des enfants juifs qui, pour essayer d’assurer leur survie, ont été séparés de leurs parents ; d’autre part, celle liée au choix de vie de s’installer en Israël, à partir de 1948, date de la création de ce pays. Les dernières années marquées par la montée de l’antisémitisme et son explosion notamment depuis le 7 octobre 2023 font craindre un retour de l’histoire passée, réactivant ainsi les peurs inhérentes aux innombrables pertes et séparations qui ont jalonné la vie des familles juives depuis le premier exil.
Paru dans la revue Dialogue, n° 250, décembre 2025, pp. 149-167.
Mots clés : Enfance-Famille, Affectivité, Histoire familiale, Prénom, Culture, Symbolique, Inconscient, Transmission, Filiation, Islam, Mémoire collective, Souffrance psychique, Identité, Groupe d'appartenance, Valeur, Intergénérationnel, Refoulement, Nom de famille, Psychothérapie
Cet article explore le rôle des prénoms en tant qu’objets investis d’affects dans la construction de l’identité individuelle. Engagé dans cet acte de nomination, le porteur est inscrit dans un ancrage qui façonne sa manière d’exister et ses rapports aux autres. La pratique clinique dans un contexte arabo-musulman montre comment les affects négatifs (culpabilité, peur) associés aux prénoms influencent le vécu du sujet, engendrant tensions et conflits identitaires se manifestant parfois par des symptômes (cliniques) tels que l’anxiété. À travers les exemples cliniques, le prénom apparaît comme un vecteur d’histoire psychique transgénérationnelle, dépositaire d’un héritage sacré, social et mémoriel, élément incontournable pour comprendre et accompagner la personne dans son parcours thérapeutique.
Paru dans la revue Dialogue, n° 250, décembre 2025, pp. 131-148.
Mots clés : Enfance-Famille, CAMSP, Enfant handicapé, Autisme, Psychanalyse, Culture, Famille, Enfant de migrant, Immigré, Altérité, Psychologie du développement, Religion, Rite, Magie, Croyance, Contre-transfert, Relation enfant-parents, Coopération
Cet article s’adosse au travail d’un centre d’action médico-social précoce qui prend en charge des enfants dont les parents viennent d’un ailleurs. Face aux retards de développement présentés par les enfants accompagnés, l’institution médico-sociale et les familles peuvent avoir des lectures différentes sur ce qui se passe pour l’enfant. Le recours à l’approche transculturelle permet aux familles d’assurer une double protection de leur enfant, en adhérant aux soins médicaux et psychologiques proposés par l’institution et en mobilisant leurs ressources familiales, culturelles et parfois religieuses à travers des rituels de soins, chacune des deux méthodes ayant pour objectif d’assurer un apaisement de l’enfant et la bonne poursuite de son développement.
Cette recherche clinique qualitative explore l’impact psychique d’une mort fœtale in utero (MFIU) sur l’investissement d’une grossesse ultérieure et le vécu de la maternité. Des entretiens non directifs ont été menés auprès de trois femmes ayant vécu une MFIU lors d’une première grossesse suivie d’une naissance viable. L’analyse des récits met en évidence des trajectoires contrastées mais qui traduisent une même nécessité : survivre à l’effraction traumatique. L’hypothèse clinique avancée est que les processus psychiques à l’œuvre témoignent d’une emprise défensive sur l’expérience traumatique, colorant le vécu de la maternité et l’investissement du nouvel enfant.
Paru dans la revue Dialogue, n° 250, décembre 2025, pp. 89-103.
Mots clés : Enfance en danger-Protection de l’enfance, Protection de l'enfance, Fin de la prise en charge, Exil, Institution, Mineur non accompagné, Majorité, Exclusion sociale, Errance, Séparation, Relation enfant-mère
Cet article s’appuie sur le suivi clinique d’un mineur non accompagné accueilli dans un foyer de protection de l’enfance puis sorti du dispositif à sa majorité. À partir de ce cas, l’auteure explore les effets psychiques des ruptures multiples, familiales, culturelles et institutionnelles, qui marquent le parcours des jeunes en exil dont le vécu réactive des blessures de désaffiliation à l’œuvre dans l’expérience migratoire. L’article interroge les effets désorganisateurs d’un lien institutionnel défaillant, notamment au moment charnière du passage à la majorité. Il montre comment l’absence de relais contenants peut compromettre le processus de subjectivation. L’articulation entre vécu individuel et cadre institutionnel permet de penser les enjeux contemporains de l’accueil et souligne les risques de désubjectivation liés à des logiques d’exclusion programmée.
Paru dans la revue Dialogue, n° 250, décembre 2025, pp. 71-87.
Mots clés : Enfance-Famille, Viol, Maternité, Exil, Grossesse, Traumatisme, Culture, Contre-transfert, Psychothérapie, Accès aux soins, Guyane
Dans un monde idéal où la maternité serait une pièce de théâtre écrite par les mères, celles-ci auraient la mainmise sur le choix des trois unités. L’unité de temps permettrait que cette maternité advienne lorsqu’elle est voulue. Le choix du lieu la ferait advenir où la mère le souhaite, prenant en compte l’environnement. Enfin, le choix de l’action garantirait à la mère qu’elle fasse elle-même le choix du « comment » et du « qui ». Le cas extrême d’une maternité à la suite d’un viol impose ses règles en termes de temps et d’action à la future mère, ceci en plus du traumatisme terriblement violent de l’acte. Si l’on ajoute à cela l’obligation pour la mère de fuir son pays, c’est l’unité de lieu qui vole en éclats, supprimant instantanément la contenance de l’environnement. À travers une réflexion autour de quelques semaines d’un suivi psychothérapeutique, l’auteure pense les dynamiques qui traversent une femme enceinte des suites d’un viol contrainte de s’exiler et analyse comment cette dernière écrit la suite d’un script bien trop violent mais bien réel.
Cet article s’inscrit dans une perspective clinique et historique pour restituer une vision de la guerre d’Algérie (1954-1962) telle qu’elle a été vécue « à hauteur d’enfant ». Il reconstitue également la trajectoire d’une famille prise dans un destin de harkis, depuis sa communauté rurale jusqu’à son exil en France dans différents lieux de relégation. Le récit met en évidence des amnésies et traumas faisant l’objet d’une transmission transgénérationnelle tout en révélant la persistance de ressentiments inhérents aux blessures générées par l’Histoire. Il illustre ainsi un aspect des difficultés de conciliation des mémoires à cause d’une guerre qui a diffracté les liens familiaux depuis le contexte colonial et, au-delà, dans l’exil tout en modifiant le jeu des liens dans les dimensions horizontales et transgénérationnelles.
Les homes indiens sont des pensionnats catholiques dirigés par l’Église et soutenus par l’État dans le but d’éduquer, d’assimiler et d’évangéliser les enfants autochtones, amérindiens notamment. Par son caractère systématique, cette entreprise a produit des séparations familiales dommageables et inscrit les enfants dans le contexte d’une socialisation conflictuelle. Partant de témoignages divers et s’inscrivant dans une perspective d’interstructuration du sujet et des institutions, la contribution tente d’analyser les effets de cette expérience sur les dynamiques intrafamiliales et intergénérationnelles et sur la transmission culturelle familiale. Une attention particulière est également portée aux activités de personnalisation et de résilience observées chez des anciens pensionnaires et leurs descendants.
Quand la langue de rencontre devient celle du couple, créant l’illusion d’une unicité linguistique masquant la complexité des histoires individuelles, se pose la question du devenir de la ou des « autres langues » des partenaires. L’expérience clinique montre que si le bilinguisme peut renforcer les liens et l’intimité du couple en permettant un espace partagé d’évasion, il arrive également qu’il devienne source de tensions et d’incompréhension entre ses membres. L’ambition des auteurs est de préciser et d’expliciter les conséquences psychodynamiques, sur les plans conjugal et familial, de ces configurations particulières. Les enjeux de la clinique du bilinguisme sont identitaires et culturels. L’accueil et le devenir des langues secondaires influençant la qualité des relations intrafamiliales, l’importance d’une approche prenant en compte ces dimensions apparaît comme une évidence méthodologique.